« Il manque un grand centre culturel africain »

Bruxelles mérite un lieu qui rassemble toutes les cultures subsahariennes, sensibilise le député-échevin Béa Diallo (PS)
Deux chantiers doivent être prioritaires sous la prochaine législature, plaide Béa Diallo (PS), échevin ixellois et député régional. « Deux combats pour la capitale de l’Europe », nous dit-il. Des combats qu’il entend désormais mener en dehors des rings, lui qui a raccroché les gants, voici près de dix ans, pour rentrer en politique.

Il s’agit d’abord de la création d’un grand centre culturel africain à Bruxelles, « un peu à l’image de ce qu’a fait Paris avec l’Institut du monde arabe », se prend-il à rêver. Ensuite, moins coûteux mais tout aussi ambitieux, de la création d’une maison du hip-hop baptisé Urban street center (lire ci-après).

La volonté de créer un grand centre culturel consacré à l’Afrique subsaharienne part, pour Béa Diallo, d’un constat. Alors que le Maghreb dispose de son espace Magh, il n’existe pas grand-chose sinon rien comme offre culturelle pour l’Afrique noire. « Depuis des années, les différentes diasporas d’Afrique réclament un centre culturel congolais, guinéen, camerounais, etc. Je pense que les différentes communautés doivent s’unir en vue de parler d’une seule voix », tranche le député bruxellois.

Concrètement, l’endroit pourrait accueillir de grandes conférences, des écrivains, des intellectuels, des expositions et même une station de radio. « Actuellement, il y a 450 radios sur internet. Chaque communauté a la sienne. Il faut fédérer tout ça dans un esprit panafricain », plaide l’échevin ixellois.

L’endroit tout indiqué pour implanter le projet, estime-t-il, est un lieu de rendez-vous déjà incontournable, Matonge : le « cœur de l’Afrique à Bruxelles ». Pas facile d’y trouver des superficies capables d’accueillir un grand centre culturel. Une piste existe dans les galeries Louise « Il y a de beaux espaces dans les sous-sols qui pourraient accueillir le centre », imagine déjà Béa Diallo, qui estime le projet réalisable pour un budget de cinq millions d’euros.

Il peut déjà compter sur le soutien de Laurette Onkelinx (PS), qui portera l’idée si elle est toujours la ministre en charge des fonds Beliris sous la prochaine législature. « Elle a publiquement confirmé qu’elle s’engagera pour ce combat », remercie Béa Diallo.

Une maison du hip-hop pour repérer les talents

C’est un aspect méconnu de l’ancien champion de boxe mais Béa Diallo est un héritier de la culture hip-hop. « Dans les années 80, je dansais le break dance dans le métro », se souvient le politicien qui déplore qu’en 30 ans – « alors que cette culture n’a jamais cessé de se développer dans nos quartiers » -, il n’existe pas d’infrastructure publique à Bruxelles où les jeunes puissent s’exprimer.

Une lacune à laquelle il faudrait impérativement remédier pour qu’un jour, les moyens d’expressions que sont le break, le rap, le graff soient réunis au sein d’une maison du hip-hop régionale. « C’est un milieu dynamique mais précaire. Ils n’ont pas de salles pour s’exprimer, pas de moyens pour s’enregistrer. Il faut permettre à ce milieu de se structurer », encourage Béa Diallo. « On parle souvent des jeunes en décrochage, au chômage. Justement, le monde du hip-hop est fort fréquenté par ces jeunes précarisés et peut être un débouché intéressant pour eux. C’est aussi un lieu de mixité sociale car les arts urbains intéressent toutes les classes sociales », ajoute-t-il.

Indispensable dès lors pour l’élu socialiste de créer ce lieu de rencontre dans un centre d’expression urbaine. Il comprendrait un studio d’enregistrement dédié « aux artistes qui émergent », un espace d’écriture, un espace de production de clips vidéos, etc. Le volet danse permettrait l’organisation de spectacles et de compétitions (les célèbres battle).

Quant au graffiti, un lieu serait dédié à la création et à la production de performances et d’expositions. « Pour le moment, on a le talent brut mais rien pour l’identifier », conclut-il.

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