Ixelles: Béa Diallo craint de nouvelles émeutes à Matonge en lien avec les élections en RDC

Question orale de Monsieur Bea Diallo à Monsieur Rudi Vervoort, Ministre-Président, en charge des Pouvoirs locaux, concernant les mesures de prévention et de sécurité à prévoir en cas d’émeutes suivant les élections présidentielles au Congo.
Monsieur le Ministre-Président,
Des élections présidentielles devaient se tenir au Congo en novembre prochain. Elles ont finalement été reportées au mois de novembre 2018.
Ces élections qui devraient garantir la possibilité des alternances pacifiques au pouvoir, dans le respect de la Constitution et de la volonté du peuple se dérouleront dans un climat d’ores et déjà tendu.
Il ne passe plus une semaine sans que l’on puisse, en lisant la presse internationale, sentir la violence gronder de manière de plus en plus palpable entre la formation au pouvoir et ses principaux opposants civils ou politiques. Des signaux tels que l’annonce le 4 juin par la formation du Président du pays de l’éventualité d’un référendum afin de modifier la Constitution et permettre à ce dernier de se présenter pour un troisième mandat laissaient déjà craindre une escalade et la survenance de heurts en amont du scrutin. A présent, c’est l’annonce du report de ce scrutin qui alourdit ces tensions et l’instabilité du contexte sociopolitique congolais.
Bien sûr il ne nous appartient pas d’intervenir dans les affaires internes d’un Etat souverain, mais il faudra cependant s’interroger sur l’impact de ces décisions sur nos quartiers.
En effet, nous avons tous en mémoire – et moi plus que quiconque puisque j’étais bourgmestre faisant fonction lors des faits – les émeutes qui ont secoué le Matongé bruxellois en décembre 2011. Tout porte à croire que la probabilité que de tels éclats ne surviennent à nouveau à l’approche du scrutin ne peut être écartée.
Il me semble important d’anticiper la survenance de heurts, en renforçant le travail de terrain à Bruxelles avec le monde associatif, les représentants de la diaspora. Nous ne pouvons orienter le dialogue entre les groupes mais nous pouvons mettre en place le cadre qui rendra possible l’expression non violente des opinions, qui évitera l’instrumentalisation de la colère des jeunes – et des moins jeunes d’ailleurs.
Enfin, si Matongé, de par sa force symbolique, est identifiée comme lieu de manifestation privilégié par les communautés congolaises, la problématique n’est certes pas ixelloise. En 2011 les personnes arrêtées provenaient de tout le pays voire pour certains des pays voisins. La plupart des personnes qui fréquentent quotidiennement Matongé viennent des 19 communes bruxelloises. Pourtant Ixelles s’est sentie bien seule lorsque ses rues ont été occupées et ses vitrines brisées.
Je suis convaincu que de tels débordements pourront être évités si l’on prend la peine de les anticiper, à l’échelle régionale. Mais en dialoguant également avec les services fédéraux qui détiennent en primeur les contacts et les informations sur la situation au pays et sur les leaders d’opinion.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *