Grapheurs et élus locaux plaident pour la création de davantage d’espaces d’expression dans la capitale

Chaque année, les communes dressent un certain nombre de procès-verbaux pour des graffitis réalisés sans autorisation sur l’espace public ou sur des façades d’habitations. Un véritable fléau pour les propriétaires et, en 2016, ce sont quelque 792 procès-verbaux qui ont été dressés, contre 1.023 en 2015, selon les derniers chiffres communiqués par la police fédérale. Une tendance à la diminution qui s’explique notamment par la plus grande visibilité des fonctionnaires sanctionnateurs dont la présence dissuade les grapheurs de passer à l’acte.
Mais, si le nombre de procès-verbaux est en baisse dans pratiquement chacune des 19 communes, ce n’est pas le cas à Ixelles où l’entité a enregistré une hausse de près de 7 % d’infractions. “Les graffitis engendrent bien souvent un sentiment d’insécurité pour les riverains. Mais je ne pense pas que la répression à tout-va soit la solution optimale”, explique Béa Diallo (PS), échevin ixellois de la Prévention. “Je plaide davantage pour la création d’espaces d’expression afin de permettre aux jeunes de s’exprimer sur des espaces spécifiquement dédiés à cet effet. L’idée est, par exemple, de mettre des panneaux à disposition des grapheurs le long des chantiers afin d’embellir la ville, comme cela se fait déjà dans le centre-ville de Bruxelles, et afin que les jeunes puissent montrer leur travail sans être dans l’illégalité.”
Dès janvier 2018, à l’initiative de Béa Diallo, un projet novateur va ainsi voir le jour à Ixelles avec la mise en place d’une cellule Médiange – mot-valise entre médiation et ange gardien. “Nous sommes occupés à former une équipe de 9 personnes qui sera opérationnelle dès 2018. Ces agents circuleront tout d’abord dans les quartiers de la place Flagey et du cimetière d’Ixelles qui sont les plus animés et où l’on enregistre le plus grand nombre de plaintes pour des faits de graffitis et autres incivilités. Ils auront comme tâche de sensibiliser les jeunes au respect de la tranquillité de chacun. La cellule travaillera ensuite dans les quartiers du Châtelain et de Matonge.”

“Un manque d’espaces d’expressions!”

L’ASBL Propaganza a vu le jour en 2012 afin de donner de la visibilité aux graffitis et au street artistes. Pour son gérant Julien Pinoy, les autorités locales devraient développer davantage d’espaces d’expressions afin de lutter contre les graffitis indésirables. “Une petite dizaine d’espaces de création a vu le jour à Bruxelles mais cela reste trop limité. On en compte un à Neerpede mais qui doit encore être réglementé, un à la VUB mais qui est trop fréquenté tout comme celui situé en face de Tour&Taxis. Celui au Mont des Arts est, lui, mal situé.”

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