Rire contre le racisme : l’humour contre la discrimination

Afin de lutter contre la discrimination à l’embauche, Rire ensemble contre le racisme va rassembler les meilleurs humoristes.

Si l’on peut rire ensemble, on peut vivre ensemble !” : tel est le slogan et le crédo des organisateurs de l’événement qui espèrent rassembler entre 3.000 et 5.000 personnes le 13 mars prochain au Palais 12 de Bruxelles. Au menu de ce rendez-vous qui officiera désormais tous les deux ans ? Quatorze artistes dont Rachid Badouri, Alex Vizorek, Pablo Andres, Guillermo Guiz, Kody, Laurence Bibot, Zidani ou encore la crème des humoristes africains comme Samia Orosemane, Oualas, Amelle Chahbi (la compagne de Fabrice Eboué) et on en passe. Objectif ? “Utiliser la puissance de l’humour pour faire passer certains messages”, insiste Gilles Morin, directeur du Kings Of Comedy. “C’est une gêne qu’on soit encore obligé, en 2018, de défendre ces valeurs-là. Les artistes ont un rôle à jouer en première ligne en exprimant que le racisme ne peut pas exister dans notre pays et partout ailleurs.

L’idée de se focaliser cette année sur la discrimination à l’embauche est venue de Mourad Maimouni, directeur de la société Dynamic Research Solution et co-organisateur de Rire ensemble contre le racisme“Étant quelqu’un issu de la diversité, j’ai eu énormément de difficultés pour m’insérer professionnellement dans la société. Sur 183 CV envoyés alors que j’ai été major de ma promotion à l’université, j’ai eu zéro réponse en retour.” Et quand on regarde les chiffres d’Unia pour l’égalité des chances (le taux d’emploi pour la population d’origine belge est de 76 % alors qu’elle est de 46 % pour des Belges ayant une origine hors européenne : taux le plus bas en Europe), on ne peut que lui donner raison. “Le racisme, on ne pourra jamais l’arrêter”, confesse Béa Diallo, l’échevin de l’Emploi à Ixelles qui est à l’initiative du projet en 2012, “mais on peut contribuer à changer le regard”.

Le rire comme acte de résistance

Les 14 artistes seront donc là pour tordre le cou aux préjugés à coup de vannes et de punchlines. À commencer par Kody. “J’ai toujours cultivé la diversité“, souligne l’humoriste belge d’origine congolaise du Grand Cactussur la RTBF. “Le racisme revient toujours dans mes spectacles car je considère que le Blanc n’a pas le monopole du racisme. Je dis d’ailleurs que je pratique un racisme équitable. Chaque blague raciste à laquelle vous riez, on reverse 5 euros à un petit producteur à Cuba (sourire). On peut tous être victime de racisme, tout comme le provoquer, en être à la base. Il faut pouvoir y réfléchir ensemble. C’est juste la méconnaissance de l’autre. Passez cela, je vous assure qu’on peut tous vivre ensemble, il n’y a rien de grave à cela (sourire) !”

Et ce n’est pas Zidani qui dira le contraire. L’humoriste belge d’origine algérienne ayant fait des défauts et névroses des concitoyens son fonds de commerce. “J’ai beaucoup travaillé avec des enfants et le racisme est quelque chose d’inhérent à l’être humain. Il faut apprendre que la différence n’est pas un problème mais que cela peut tous nous enrichir. Que ce soit pour les gros, les oreilles décollées, toute forme de racisme s’éduque. Ce type de soirée le permet, elle a donc un aspect éducatif par le rire. C’est l’une des grandes fonctions du rire actuel. De ne justement pas banaliser les blagues comme on a pu le constater avec Tex récemment. Qu’elles soient incluses dans un projet.”

Tous les bénéfices de la soirée seront d’ailleurs reversés au Mrax, association qui lutte contre les exclusions et pour qui “le rire est un acte de résistance”.

Rire ensemble contre le racisme, le 13 mars au Palais 12 de Bruxelles. Infos et réserv. (de 17,5 à 25€ dont 500 places à 10 € pour seniors et étudiants) : www.palais12.com. Réduction de 5€ sur chaque trajet de taxi grâce à FEBET et gratuit pour les personnes à mobilité réduite.

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