1 May 2017

Biographie

Son enfance

Lansana Bea Diallo est né en 1971, d’une mère Sénégalaise et d’un père Guinéen, à Monrovia au Libéria où son père assurait ses fonctions de diplomate guinéen, à l’époque de Sékou Touré. Le jour de sa naissance coïncide avec la visite du Ministre Lansana Beavogui qui y voit un signe du destin et insiste pour être son parrain.

Quelques années plus tard, lors d’une importante réunion internationale à laquelle assistait Lansana Beavogui, désormais Premier Ministre, le Président Sekou Touré demande au père de Lansana Bea Diallo quel est le prénom de son fils. Quand il apprit que le petit s’appelait Lansana, non sans humour, il gronda son Premier Ministre prétendant qu’il ne pourrait que le confondre avec six de ses propres ministres qui portaient le même prénom. Avec le même sens de la répartie, le sage Beavogui éclata de rire et rassura le Président en affirmant qu’on l’appellerait dorénavant Bea, les trois premières lettres de son nom.

Ainsi, dès sa prime jeunesse, le destin du jeune Diallo était étrangement associé à deux grands qui marquèrent l’histoire de l’indépendance de la Guinée.

En 1977, Lansana Bea Diallo suit sa famille à Paris, où son père reçoit d’importantes responsabilités diplomatiques à l’ambassade de Guinée en France.

Là, pendant les huit années de son adolescence, il est confronté à la dure réalité du racisme et à la dureté de la rue et de ses bandes. C’est l’époque du mouvement « Touche pas à mon pote » et de S.O.S. Racisme. Le jeune Bea y apprend la révolte du cœur, cherchant dans ses blessures intérieures une force née de l’injustice.

Il la trouva en même temps que la sérénité quand, en 1985, son père est nommé à Bruxelles.


L’âge de raison

C’est un Bea tourmenté, partagé entre la révolte et la passion d’apprendre, qui découvre la Belgique et son paysage pluriculturel étonnant.

Là, la sage autorité de son père l’inscrit en humanité puis à la faculté de Sciences Economiques de l’Université Libre de Bruxelles.

Pour exorciser sa rage intérieure il se passionne pour le sport et découvre la boxe sans autre ambition que d’en faire un exutoire bien caché à son père. Mais son talent naturel et la médiatisation qu’il soulève ne lui permettra pas longtemps de garder son secret : en 1989, il devient champion de Belgique novice, en 1990 champion amateur et dès 1994, il est sacré champion de Belgique professionnel. Pourtant, Béa se refuse toujours à considérer la boxe comme un métier.

Il se passionne pour ses études et cumule des stages dans de grandes entreprises. C’est là que le destin lui fait rencontrer un des grands patrons du monde du marketing et de la communication européenne: Jacques Lierneux. La devise de son mentor est significative de ce que sera la vie de Bea : « si tu peux le rêver, tu dois le réaliser… ». Cette charge du devoir incitera le jeune Bea à se surpasser et à vaincre toutes ses angoisses.


Bea Boxeur

Avec cette nouvelle détermination, sans oublier ses études où il acquiert son diplôme universitaire, Lansana Bea Diallo affronte le plus haut niveau mondial de la boxe.

En 1998, il conquiert le titre de champion Intercontinental des poids moyens, dont il conservera la ceinture pendant six années consécutives. Dès qu’il accède à ce titre, il rêve d’utiliser sa force médiatique pour la mettre au service de la notoriété de son pays. Il convainc l’IBF d’organiser le combat contre son challenger américain à Conakry, dans le stade olympique du 28 septembre. Sa victoire diffusée par satellite sur plusieurs dizaines de télévisions du monde entier se transforme en un triomphe qui offre au pays une vitrine unique.

Entre-temps, il épouse sa compagne Chantal et partage sa vie avec ses quatre enfants.

Tout en gardant sa ceinture qu’il ne quittera pas avant 2004, Bea profite de sa notoriété pour lancer plusieurs programmes d’utilité publique en Guinée, notamment au travers de la Fondation qui porte son nom. Hélas, la plupart des initiatives sont annihilées par une politique nationale fortement corrompue et contre laquelle il se promet de lutter. En 2007, pour soutenir sa Fondation, il reprend les gants et devient Champion du Monde WBF.


Bea et la Guinée

Cumulant ses fonctions communales, régionales et internationales sur l’échiquier politique, Lansana Bea Diallo reste très préoccupé par les questions politiques et sociales de la Guinée.

Depuis le récent putsch d’un militaire qui s’est autoproclamé sans légitimité comme Président, Bea a multiplié les interventions pour sensibiliser l’opinion, pour imposer l’installation d’une démocratie sous contrôle des grandes institutions internationales.

Le lancement d’un grand mouvement d’unité nationale pour éviter le chaos des divisions ethniques et partisanes annoncées par de nombreux experts a pris toute son importance depuis le massacre le 28 septembre 2009, de quelque deux cent guinéens contestant la nouvelle dictature.

A la demande de nombreux Guinéens, avec plus de combativité que jamais Lansana Bea Diallo a décidé de mettre toutes ses forces dans cette bataille contre les criminels et la corruption en présentant au peuple guinéen une alternative politique humaniste et démocratique sous le nom de Mouvement Guinée Nouvelle.

Son programme a été présenté officiellement aux Guinéens et aux autorités internationales le 14 décembre 2009 à Bruxelles.

Par des actions de terrain, menées par des jeunes motivés et soucieux de transformer leur pays, le changement est en marche, il grignote du terrain en profondeur, par le bas. Bea n’a pas dit son dernier mot en Guinée, c’est certain.


L’homme politique en Belgique

Au moment où il s’inquiétait de l’environnement non démocratique et oligarchique de son pays, Bea est alors sollicité pour accompagner la politique d’intégration prônée en Belgique.

Pressé par plusieurs sensibilités politiques, il rejoint les rangs du parti socialiste qui correspond le mieux à l’esprit de ses propres actions comme la création d’un mouvement d’accompagnement des étudiants dans les écoles à discrimination positive.

Le succès électoral est immédiat. Lors de deux élections consécutives, Bea Diallo récolte un important nombre de voix qui lui permettent non seulement de s’installer comme Échevin d’une des plus  grandes communes de Bruxelles, mais également d’être élu au Parlement de la Région de Bruxelles capitale et de la Fédération Wallonie-Bruxelles (anciennement Communauté française de Belgique).

En juillet 2009, il reçoit l’honneur d’être nommé jusqu’en 2014 Président de la Commission des Affaires Internationales au Parlement de la Communauté française.

Par ailleurs, homme de terrain, il s’investit à Ixelles, sa commune, où il a été plébiscité comme échevin pour la seconde fois en 2012 : Bea y confirme sa position échevin de l’emploi, de la jeunesse, de l’égalité des chances et de la famille. Il se voit confier en outre de nouvelles compétences : la prévention, la cohésion sociale, le jumelage et la coopération internationale.